Les vendanges 2015 devraient être bonne en qualité. Quels sont les critères qui permettent d’évaluer cela ?

raisins

Fabrizio Bucella : Le soleil des derniers mois a été bénéfique pour le raisin, et ce, malgré les témpératures fraiches de la semaine dernière. Si le raisin est sain, le départ de la vendange sera donné lorsque les maturités physiologique (richesse en sucres et acides) et phénolique (richesse en anthocyanes et tannins pour les raisins rouges) sont atteintes (NDLA, pour les blancs on parle de maturité aromatique). La maturité physiologique s’analyse facilement avec un réfractomètre par exemple ; pour la maturité phénolique, le vigneron consciencieux passe alors de longues journées à goûter les grains de ses raisins afin de déterminer le moment idéal de la récolte. Pour plusieurs régions, les vendanges commencent en ce moment, ou ont déjà commencé.

Il faut cependant rester prudent : nous ne pouvons pas être certain que les vendanges seront bonnes, ce ne sont que des prédictions. Ensuite, cela ne prédit pas forcement un bon cru.

Est-ce que de bonnes vendanges – en qualité et en quantité – sont forcément synonymes de bons vins ? Pourquoi ?

On a coutume d’affirmer que le vendange est l’ingrédient de base du vin. Une bonne vendange est nécessaire mais non suffisante pour obtenir un grand cru. Faisons le parallèle avec un cuisinier. Un bon cuisiner sera encore meilleur avec une excellente pièce de viande ou une tomate d’origine. Un mauvais cuisiner pourra même gâcher celles-ci. Un bon vigneron réalisera un vin excellent avec une très belle récolte. Il signera également un très bon vin avec une récole moins qualitative. Une bonne vendange n’est donc pas forcément synonyme d’un bon vin. Par ailleurs, il faut avoir en tête que toute cette discussion porte sur des moyennes, des impressions générales. Tel vignoble est ravagé par la grêle alors que tel autre, parfois à seulement quelques kilomètres, a été épargné.

Que faut-il en plus de bonnes vendanges pour réaliser un grand cru ?

Outre la matière première, il y a trois choses qu’il faut posséder pour faire un bon vin : la passion, la passion et la passion. Un vigneron passionné s’en sortira toujours. Il signera un vin qui lui ressemble, dans lequel il s’investira. Il sera en recherche permanente, car il faut bien comprendre que même après plus de vingt-cinq récoltes, il y a toujours une inconnue, une nouvelle décision à prendre, un pari sur une option de vinification. C’est un travail d’artisan, aussi pour des grands vins suivis par œnologues célèbres. La passion fait la différence.