Pour moi le vin est un lien esthétique, joyeux et délicieux, profond entre les hommes. C’est la vie

pontbriand

Evelyne de Pontbriand a repris le domaine familiale, Domaine du Closel qui est situé rive droite (ou nord) de la Loire, en face des coteaux du Layon qui produisent des vins liquoreux. Après une autre vie de par le monde, plutôt dans l’art et la littérature, Evelyne de Pontbriand a été sollicitée par sa famille pour prendre la suite de sa mère Michèle Bazin de Jessey, sous le prétexte que qu’elle parlait bien anglais !

Cette vigneronne atypique nous raconte donc son histoire :

« Je suis partie à 50 ans avec une horde de jeunes loups faire le tour du monde dans le cadre de ce diplôme extraordinaire de l’OIV : Master en gestion et marketing des vins et spiritueux qui vous fait découvrir presque l’intégralité de ce qu’on appelle « the wine industry ». Challenge épique et passionnant. J’ai vu, j’ai entendu, j’ai bu et j’ai commencé à comprendre ! J’ai compris que nous avions la chance d’avoir dans notre pays cette approche « paysagère » du vin, unique au monde, qui faisait du vin français quelque chose de singulier, de rare et de merveilleux dans sa poésie et sa diversité, du vin qui raconte l’histoire du monde parce qu’il puise à la fois dans la terre, dans le ciel et dans l’âme du vigneron, ses infinis secrets.

Il m’a rapidement paru évident que seule une approche « bio » et même et surtout « biodynamique » pouvait me permettre de produire de véritables Savennières, et non pas seulement des chenins.

Bio, c’était assez facile, nous n’avions jamais été très chimiques ; biodynamique, cela s’est révélé pour moi être une quête longue et difficile de la vérité de notre terroir, ou de nos terroirs. Je cherche depuis plusieurs années la bonne approche pour que cette vigne donne le meilleur d’elle-même sur ces schistes arides dans la belle lumière de Loire.

C’est un cheminement avec des hommes (mes employés), un paysage et une plante, sous le soleil, la pluie, avec le vent, le gel, la grêle. On n’arrive jamais au bout, on avance dans le brouillard vers un but qu’on ne connait pas sans savoir comment y aller. J’ai compris enfin que dans l’intimité de la vie du vin avec la barrique, au plus profond du chai, il ne fallait pas pénétrer ou avec une extrême discrétion pour ne pas troubler l’oeuvre.

J’ai compris que plus on apprenait, moins on en savait, mais que plus on goûtait, mieux on comprenait et que tout cela était fait pour être partagé. Pour moi le vin est un lien esthétique, joyeux et délicieux, profond entre les hommes. C’est la vie. »

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